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THIERRY déblogueLa vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient (Gabriel GARCIA MARQUEZ). |
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10/28/2009 L'ENFANT BLEUHenry BAUCHAU
L'ENFANT BLEU
J'AI LU 8427
Véronique est psychothérapeute dans un hôpital parisien, au sein d'un service qui soigne de jeunes adolescents. Le médecin chef du centre attribue aux bons soins de Véronique le cas Orion. Orion, 14 ans, est un psychotique sévère, violent à ses heures, qui a épuisé le personnel médical avant l'arrivée de Véronique dans le service. Il est d'ailleurs sur le point de se faire définitivement renvoyer. « L'enfant bleu » est l'histoire de cette relation thérapeutique entre Véronique et Orion. Histoire faite de petites victoires, de nombreux reculs, de peurs et d'angoisses, mais aussi de joies et d'espoirs. On suit cette aventure sur un peu plus de dix ans.
Roman très émouvant sur un univers mal connu qui souffre souvent de forts préjugés. Henry Bauchau, romancier et psychanalyste de formation, nous livre là ce qui est sans doute bien plus qu'un roman.
10/20/2009 Nouvelles histoires du WyomingAnnie Proulx
Nouvelles histoires du Wyoming
Le Livre de Poche 31402
Recueil de onze nouvelles qui plongent leurs racines dans l'état du Wyoming, et assez souvent dans la localité de Elk Tooth. Elk Tooth, petite localité de quatre-vingts âmes dont les établissements notoires se résument à trois débits de boissons : le Pee Wee, le Silvertip et le Muddy'sHole. Quant aux habitants, pour citer l'auteur, leurs qualités se résument ainsi : être fauché, orgueilleux, montrer un peu d'ingéniosité et refuser résolument de se laisser entraîner dans le courant de la civilisation. Vous comprendrez dès lors que de tels olibrius sont les sujets rêvés pour un écrivain comme Annie Proulx.
Très bon livre, cependant les deux premières nouvelles sont peut-être les moins captivantes. Interdiction de s'arrêter avant d'avoir lu la troisième. Quant aux suivantes, elle sont du même tonneau : elles valent leur pesant de cacahouètes.
10/16/2009 La ronde et autres faits diversJ.M.G. Le Clézio
La ronde et autres faits divers
folio 2148
La quatrième de couverture parle de onze faits divers d'une banalité toute apparente. C'est tellement banal qu'ils ne méritaient pas la publication. Un fond de tiroir, sans doute...
10/9/2009 L'Hiver indienFrédéric ROUX
L'Hiver indien
Le Livre de Poche 31401
Les États-Unis d'Amérique se sont construits aussi sur l'extermination des peuples autochtones, c'est ce que l'on oublie trop souvent. Les survivants de ces « native americans » sont encore de nos jours parqués dans des réserves. Certes, ces lieux leur appartiennent. Cependant, c'est aussi là que sévissent les plus forts taux d'alcoolisme, de diabète, d'obésité, de chômage et de suicide. Depuis quelques décennies, un fort mouvement de retour vers la culture originelle s'est fait jour au sein de ces communautés. Redécouverte de la langue, des rites chamaniques, des traditions artisanales et artistiques, sont devenus les nouveaux espoirs de ces peuples. L'hiver indien peut être vu comme l'histoire d'un de ces renouveaux. En l'occurrence, celui du peuple Makah, et de leur réserve de Neah Bay dans l'état de Washington, à l'extrême nord-ouest des États-Unis. Les Makahs sont originellement des chasseurs de baleine. Celles-ci croisent le long des côtes lors de leur migration annuelle, et c'est lors de ces passages que les Makahs prélevaient quelques individus pour assurer leur subsistance hivernale. Cette tradition s'est perdue au fil des années dans la réserve de Neah Bay. Aussi lorsque quelques Makas se proposent de réhabiliter la pêche à la baleine, dans le respect de la tradition, en canot à rames et au harpon, c'est, après le scepticisme de rigueur, l'enthousiasme dans la communauté. Cependant, les associations écologiques ne l'entendent pas de cette oreille, et bientôt la tornade médiatique se déchaîne. Le peuple Maka parviendra-t-il à retrouver sa dignité ? Saura-t-il resté uni et se défaire des embûches administratives et de l'opinion Américaine hostile au projet ? C'est toute l'histoire de ce remarquable roman, où, pas un instant on ne s'ennuie.
Racontée comme ci-dessus, l'histoire est déjà fabuleuse. Cependant, le roman se corse de par les personnages principaux hauts en couleur, qui sont au centre du récit. Les initiateurs du projet de chasse à la baleine ne sont pas des enfants de coeur loin de là. Ils sont au nombre de six :
Ainsi, non seulement L'hiver indien est un fabuleux récit-témoignage sur le peuple Makah, mais c'est aussi un récit plein d'humour, aux nombreux rebondissements, qui pas un instant n'est ennuyeux. Certaines scènes, très crues, font néanmoins de ce roman, un livre pour adultes.
9/30/2009 LE BOULEVARD PÉRIPHÉRIQUEHENRY BAUCHAU
LE BOULEVARD PÉRIPHÉRIQUE
BABEL 972
Le narrateur du roman va quotidiennement visiter sa belle-fille Paule à l'hôpital. Celle-ci est atteinte d'un cancer qui bientôt l'emportera. Pour rendre ses visites, il emprunte le périphérique Parisien. Cette voie suivie jour après jour est aussi un plongeon à travers le temps. Le narrateur est un ancien résistant de la France occupée des années quarante. Ainsi, sa belle-fille qu'il chérit tendrement et le périphérique, le ramène inexorablement à l'amitié qui l'a liée à Stéphane, celui qui à l'époque lui a fait découvrir l'escalade. Escalade où corps et esprit se confondent pour, au-delà de l'exploit sportif, amener sérénité et plénitude. Stéphane était un être hors du commun. Libre et indépendant, il s'est engagé dans la résistance, a monté un réseau, puis a travaillé seul pour éliminer des gradés Allemands désignés par Londres. Jusqu'au jour où il se fait prendre par Shadow, officier SS redoutable tant par sa cruauté, que par son indifférence aux bonheurs terrestres. Lors de sa captivité, Stéphane et Shadow s'affronteront comme deux joueurs d'échecs, comme les incarnations du bien et du mal. Stéphane mourra, ou plutôt Shadow éliminera Stéphane. De cette fin, le narrateur reste cinquante ans après, très affecté. D'autant plus qu'il ne sait pas exactement comment Stéphane a été assassiné. Shadow qui était bien informé, connaissait l'existence de l'amitié qui unissait Stéphane et le narrateur. Aussi, de la prison où il s'éteint l'année qui suit la fin de la guerre, il demande et obtient l'autorisation de rencontrer plusieurs fois le narrateur du roman. De ces rencontres où Shadow se dévoile et révèle toute la noirceur de son être, il résulte que finalement c'est Stéphane qui a brisé Shadow, et non l'inverse. Cette révélation, le narrateur peut aujourd'hui la comprendre car curieusement, le temps passé, la mort inéluctable de sa belle-fille, la répétition des trajets sur le périphérique, le placent dans les dispositions d'esprit adéquates pour revivre et comprendre son amitié avec Stéphane et les évènements qui se sont enchaînés. De la même façon, c'est lors du décès de sa belle-fille, que lui reviendra en mémoire les mots prononcés par l'infirmière de Shadow lors de la disparition de celui-ci. De ces mots jailliront l'explication des derniers instants de Stéphane. Le narrateur retrouvera ainsi le repos et une sérénité d'esprit, comme après une escalade avec son ami.
Très beau roman, très bien construit, avec ce style d'écriture que l'on ne trouve plus. Henry Bauchau, né en 1913, a le coté 'belles lettres' que l'on ne connaît que trop rarement de nos jours. J'espère que mon piètre résumé ne rebutera pas des lecteurs éventuels... 9/27/2009 La routeCormac Mc Carthy
La route
POINTS 2156
Un père, accompagné de son jeune enfant, marche le long des routes, poussant un caddie empli de leurs maigres affaires. Leur but, c'est le sud, pour simplement ne pas subir une nouvelle fois le rigoureux hiver des contrées nord. L'air est empli de cendres, la lumière du soleil est tamisée par cette atmosphère grise, les nuits sont noires comme de l'encre. Des orages déchirent parfois le ciel, et provoquent des feux qui engloutissent le peu d'arbres encore debout. A ces descriptions dantesques, on comprend peu à peu qu'une apocalypse a détruit les civilisations terrestres. Au cours de leurs pérégrinations, le père et son fils ne découvrent que peu de survivants. En tout lieu, des cadavres, brûlés sur place, figés dans des postures atroces jonchent le paysage. Certains signes témoignent qu'une partie de l'humanité résiduelle est retournée au cannibalisme. Crânes décharnés sur les murs, peau humaines recouvrant des os et des viscères, témoignent de la bestialité revenue. Au cours de leur chemin, nos deux rescapés craindront sans cesse de se trouver face à face avec ces barbares. Chaque jour est un nouveau combat, contre la faim, contre le froid, contre la peur. Le voyage du père et de son fils n'est-il pas vain ? Quand le désespoir est trop profond, ne vaudrait-il pas mieux en finir une bonne fois pour toute ?
Remarquable récit que nous conte Cormac Mc Carthy dans cet ouvrage. Sans doute son roman le plus dépouillé, et peut-être le plus réussi, voire le plus prophétique, ce qui ne peut pas nous réjouir.
« La route » a reçu le prix pulitzer en 2007, ce qui est amplement mérité.
9/25/2009 Mon traîtreSorj CHALANDON
Mon traître
Le Livre de Poche 31457
Antoine est un luthier Français, amoureux de l'Irlande catholique du nord et de ses habitants, proche du combat de l'Armée Républicaine Irlandaise. Parmi ses amis, l'un va trahir ses engagements, d'où le nom du roman : « Mon traître ». Et ce dernier n'est pas n'importe qui, un second couteau quelconque, mais un officier de l'armée secrète, homme respecté, aimé, emprisonné plusieurs fois, une figure locale de la lutte armée. Que dire alors de son amitié avec le petit Français ? A t-il aussi trahi cet engagement là ? C'est autour de cette dernière question qu'est construit le roman de Sorj Chalandon. L'auteur de cet ouvrage était journaliste à Libération, et a couvert les évènements d'Irlande du Nord. Il transparaît au fil des lignes un amour véridique pour ce pays, mais aussi une certaine tristesse, un désespoir, une incompréhension. Il en ressort un témoignage poignant, où ceux qui aiment l'odeur de la tourbe, les crachins glacés, la bière sombre à la mousse couleur café, les murs en briques noircis de suie, seront à leur avantage. Dans tous les cas, une histoire forte et poignante.
9/19/2009 Les charmes discrets de la vie conjugaleDouglas KENNEDY
Les charmes discrets de la vie conjugale
POCKET 12990
Certains livres ne se résument pas, mais se lisent tout simplement. C'est le meilleur livre de Kennedy que j'ai lu. Comme à l'accoutumée, l'écriture est brillante, un véritable souffle habite le roman. Image de l'Amérique, contrastée, capable du meilleur et du pire, toujours dans l'excès, Kennedy sait nous dépeindre les travers de son pays magistralement. Cependant, je suis un peu déçu qu'un tel talent se perde un peu dans des histoires somme toute assez frivoles. Un auteur si brillant devrait pouvoir s'exprimer sur des sujets plus ambitieux. Les charmes discrets de la vie conjugale, pour midinettes éclairées …
9/16/2009 MENDIANTS ET ORGUEILLEUXALBERT COSSERY
MENDIANTS ET ORGUEILLEUX
ÉDITIONS JOËLLE LOSFELD
Très étonnant roman qui a tout de la fable. Dans la ville du Caire, s'oppose deux communautés en sus des Européens. L'une intégrée et respectueuse du gouvernement, travaille et se détermine comme résolument moderne. L'autre, composée de mendiants, de déshérités et de prostituées, se complaît dans son dénuement, en tire apparemment orgueil et sagesse, et s'oppose à l'ordre établi. Le meurtre d'une prostituée d'un bordel va mettre au prise les deux entités de cette société, comme les cotés pile et face d'une pièce de monnaie. L'avers sous les traits d'un officier de police chargé de l'enquête, et le revers constitué du meurtrier et de ses amis, vont à coup de joutes verbales s'affronter. Qui des deux partis remportera la victoire ? Dans quel camp l'orgueil est-il le plus légitime ? Même si l'intrigue est longue à se dévoiler, cet ouvrage mérite le détour. D'autant plus que ce roman est remarquablement écrit, avec ce petit rien de désuet qui ne fait qu'ajouter au plaisir de la lecture. 9/15/2009 L'ART DE MARCHERREBECCA SOLNIT
L'ART DE MARCHER
BABEL 629
Cet essai sur la marche au cours des temps, de la préhistoire jusqu'à nos jours, n'est pas dénué d'intérêt. Rebecca Solnit, marcheuse invétérée, hésite malheureusement entre le traité historique, les grands marcheurs de l'Histoire, voire les écrivains marcheurs, et le pamphlet engagé. Certains grands chapitres sont aussi inégaux; ainsi, on passe très vite sur l'apparition de la marche chez l'Homme, ainsi que sur les particularités anatomiques qui rendent la marche possible. Par-contre, le livre fourmille d'anecdotes intéressantes sur les écrivains naturalistes Américains, sur les surréalistes et les poètes Français dévoreurs d'espaces. Les positions féministes que Rebecca Solnit dépeint, soutient et étaye tout le long du livre sont une des réussites de cet ouvrage, qui bien que trop dense et parfois ennuyeux, mérite le détour. Le Pays des merveillesGiuseppe Culicchia
Le Pays des merveilles
Le Livre de Poche 31335
Roman sur la pré-adolescence. Dans un petit village à proximité de Turin, on s'ennuie ferme. Alors que « les années de plomb » déchirent l'Italie, Attila, Zazzi et Mollo égrènent leur classe de quatrième technique et leur quatorze ans, section secrétariat. D'une assiduité toute relative, leurs préoccupations sont plus centrées sur les Boums, les filles et la musique Punk. Le texte est constitué d'une centaine de chapitre de quelques pages chacun. Cette succession narrative, au cours de laquelle se déroule l'année scolaire, parvient à ennuyer plus qu'à relancer l'intérêt. Seul le personnage atypique de Zazzi, petit morveux haut en couleurs, est relativement distrayant. En bute perpétuelle contre l'ordre établi et les professeurs, fumeur de joint invétéré, adepte d'un nazisme mal assimilé (au point d'en émailler ses rédactions), c'est toutefois le seul personnage réellement attachant de l'histoire. Quant à la fin, pour extraordinaire qu'elle soit, elle ne sauve pas l'ennui communicatif du récit. Pour adolescents seulement...
7/28/2009 DU BRUIT SOUS LE SILENCEPASCAL DESSAINT
DU BRUIT SOUS LE SILENCE
Rivages/Noir 312
Toulouse, terre d'ovalie, tel est le décor de ce roman que nous propose Pascal Dessaint. Le rugby est la passion de cette ville, son âme, son élément fédérateur. Ne dit-on pas que le cours de la Garonne change de sens quand l'équipe fanion perd un match ? Vous comprendrez alors que lorsque le demi de mêlée Maurice Tamboréro, joueur emblématique du club, est abattu en plein centre ville, c'est la consternation. Pour mener l'enquête, le commissaire Elie Verlande est nommé, assisté du capitaine Benoît Terrancle. Tout oppose ces deux hommes. Le commissaire est originaire de Dunkerque, et peu connaisseur des subtilités du ballon ovale. Il est de plus célibataire, et vit avec sa vieille mère alcoolique et possessive, ce qui lui vaut sarcasmes et quolibets de la part non seulement de la Presse locale, mai aussi de ses collègues. Benoît Terrancle est quand à lui un homme du cru, mais aussi un ancien joueur de rugby prometteur, dont la carrière sportive s'est arrêtée suite à un accident. Au fil de l'enquête, le commissaire Elie Verlande sera soumis à des pressions de toutes parts, et ce n'est pas sa méconnaissance du jeu qui va l'aider. Heureusement que le capitaine Terrancle accepte de l'initier aux règles de l'ovalie. A moins que ce dernier ne soit pas le bon samaritain de service. Il semblerait que Terrancle ait gardé une forte acrimonie suite au brusque arrêt de sa carrière sportive. Quand on a été un jour si proche de l'élite 'rugbilistique', peut-on se satisfaire de l'existence terne d'un officier de police judiciaire ?
Bon polar de Pascal Dessaint, vif et ayant pour originalité de parler du rugby. Même si certains passages me semblent mal maîtrisés, c'est avec grand plaisir que j'ai dévoré ce roman. Excellent pour un jour de vacances pluvieux ! 7/27/2009 La poussière du MondeJacques LACARRIÈRE
LA POUSSIÈRE DU MONDE
Points 562
XIIIème siècle, Anatolie. Alors que les hordes Mongoles déferlent sur l'Asie centrale, assoiffées de conquêtes, de richesses et de meurtres, Yunus Emré part en quête de Dieu. Le livre est basé sur cette opposition entre violence des conquérants, habités par la fureur et le bruit; et la recherche du divin par Yunus, monde de l'ascèse et du recueillement. Si Jacques Lacarrière n'était pas Jacques Lacarrière, ce livre aurait il été publié ? Je ne crois pas non. L'univers de l'édition est comme un Dieu de l'Ancien Testament, il donne à ceux qui ont déjà, et prend à ceux qui n'ont rien. 7/21/2009 LA MURAILLE INVISIBLEHENNING MANKELL
LA MURAILLE INVISIBLE
Points P1081
Première fois que je lis une des enquêtes du célèbre inspecteur Wallander. Je ne dirais pas que j'ai été conquis, mais certainement intéressé. L'histoire date un peu. Il est question d'un complot informatique destiné à corrompre la totalité du système financier et bancaire de la planète. A défaut d'une histoire très originale, l'atmosphère de la petite ville suédoise d'Ystad est bien décrite. L'inspecteur Wallander, seul contre sa hiérarchie et certains de ses collègues, sujet à son angoisse du vieillir seul est touchant. Dommage qu'il y ait un peu trop de morts, cela nuit à la véracité du roman.
Une lecture qui en appelle d'autres.
TOUT SE PAYEGeorges P. PELECANOS
TOUT SE PAYE
Points P1245
Polar américain classique et sans doute un peu trop caricatural. Washington est le lieu de l'enquête. L'univers décrit est bien loin de la ville diplomatique que l'on imagine quand on pense à la Maison-Blanche. Dans ce roman, c'est de combat de chiens, de dealers et de prostitution qu'il s'agit. Au milieu de cet univers haut en couleurs, deux privés, ancien flics de la police de Washington luttent au jour le jour. Entraineurs d'une équipe de jeunes footballeurs, ils essaient de tirer de la rue et de garder dans le droit chemin leurs protégés. Mais les vicissitudes de leurs enquêtes ont parfois raison de leur conduite qu'ils voudraient exemplaire. Eux aussi sont sujets au doute et sombrent dans l'alcool, la violence et à l'amour qui se paie.
A lire seulement si l'on rien d'autre à faire. 7/19/2009 Suite françaiseIrène Némirovsky
Suite française
folio 4346
Très joli ouvrage composé de deux récits. Le premier a pour sujet l’exode de juin 1940 sur les routes Françaises. L’auteur décrit avec justesse les travers des Français jetés sur la route, leurs égoïsmes, leur fatuité parfois, leur arrogance, plus rarement leur grandeur d’âme. A croire que le sauve-qui-peut général laissait peu de place aux sentiments les plus nobles. Irène Némirovsky ayant accompli cet exode, nul doute que les personnages décrits fussent bien réels. Le second récit dépeint l’occupation Allemande dans un petit village proche de la ligne de démarcation. Les réactions des habitants face aux restrictions, au couvre-feu, aux chambres et maisons réquisitionnées pour loger les soldats Allemands, tout cela est remarquablement décrit. Il est aussi question des attirances et des amours illicites. Entre celles qui succombent, et celles qui résistent, Irène Némirovsky nous montre toute la palette des sentiments vécus par les habitantes privées de leurs époux disparus ou prisonniers. Dans ce second récit, il y a parfois quelque chose proche du silence de la mer de Vercors, ce qui n’est pas désagréable. Enfin, outre le fait que ce livre est passionnant, il y a de plus un élément extraordinaire : il s’agit d’un livre posthume. En effet, Irène Némirovsky qui était juive, fut déportée à Auschwitz et assassinée en 1942. Le petit carnet contenant le texte de cet ouvrage était dans la valise des deux filles d’Irène Némirovsky, confiées aux bons soins d’une tutrice en zone libre. Après avoir échappé à plusieurs rafles et être sorties indemnes physiquement de l’occupation, ce n’est que récemment que l’une d’elles a retrouvé le petit carnet. Sans cette découverte, nous aurions perdu un remarquable livre. LA COMEDIE HUMAINEBALZAC
LA COMEDIE HUMAINE LE PERE GORIOT - LE COLONEL CHABERT - LA MESSE DE L’ATHEE - L’INTERDICTION
CLASSIQUES GARNIER
Lorsque le journal Le Monde a offert le tome 1 de La Comédie Humaine avec l’un de ses numéros, j’avais négligemment posé le volume sur une étagère, sans intention de le lire. En effet, mes souvenirs de lycée concernant les auteurs du XIXème siècle n’étaient pas des meilleurs. Le style souvent ampoulé de ces écrivains, les descriptions longues et détaillées n’avaient pas su me séduire. Or, lors d’une soirée sans objet, j’ai redécouvert le volume, et en deux jours j’ai lu les quatre nouvelles, tant j’ai été conquis. En fait, il s’agit d’un vrai témoignage sur les moeurs de la société Française post-Napoléonienne. Les caractères des personnages, leurs travers et qualités sont extrêmement biens dépeints. Certaines descriptions sont comme dans mon souvenir, un peu longues. Certaines expressions, certaines tournures de phrases sont quant à elles dépassées. Cependant, ces travers n’entachent que peu l’intérêt des récits. Il se dégage une réelle force des personnages et des intrigues, même 160 ans après l’écriture. Et c’est là que l’on reconnaît le génie d’un écrivain comme Balzac. Il n’est pas certain que l’histoire de la littérature se souvienne de nombre d’écrivaillons actuels, dont on nous rebat les oreilles, dans 150 ans. La Comédie Humaine, à redécouvrir absolument !...
LE COLOSSE DE MAROUSSIHenry MILLER
LE COLOSSE DE MAROUSSI
Le Livre de poche 3029
L’ouvrage est constitué des notes du voyage en Grèce qu’effectua Henry Miller en 1939. Durant une année, à la découverte des Grecs et des sites historiques, l’auteur va aller d’émerveillements en émerveillements. Nul doute que ce voyage a profondément changé l’auteur. Cependant, pour le lecteur ne connaissant pas géographiquement la Grèce, ni intimement sa culture, Le Colosse de Maroussi est plutôt rébarbatif. A noter tout de même quatre pages extraordinaires de lucidité sur le devenir de notre monde moderne, en toute fin de volume. Sans doute les seules à retenir ! Histoire de ma vieLAO She
Histoire de ma vie
Folio 3627
Jolie nouvelle de Lao She, noire à souhait. Dans une narration de sa vie où le personnage principal réussit le tour de force de ne jamais dévoilé son nom, nous sommes plongés dans le Pékin du début du XXème siècle. D’artisan à policier, puis soldat, et enfin homme à tout faire, le narrateur voit s’écouler son existence de désargenté. Pour une personne sachant lire et écrire, la colère et l’indignation devant l’incompétence et l’incurie des individus mieux placés que lui socialement, ne sont jamais tout à fait absentes. Cependant, malgré les déboires et les coups du sort, il saura toujours garder la tête haute et le coeur pur. 3/11/2009 Messieurs Ma, père et filsLAO She
Messieurs Ma, père et fils
Picquier poche
Lao She a passé cinq années à Londres entre 1924 et 1929. C’est de cette expérience qu’est né le roman Messieurs Ma, père et fils.
Le frère de Monsieur Ma, marchand d’antiquités à Londres est décédé. Ainsi, Ma, père et fils débarquent en Grande Bretagne pour reprendre le commerce de leur frère et oncle. Ils maîtrisent tous les deux l’Anglais et ont pour connaissance un pasteur, qu’ils ont côtoyé lorsque celui-ci était en poste à Pékin. C’est grâce à ce dernier qu’ils trouvent à se loger au sein d’une famille britannique pur jus : la veuve Window et sa fille Mary. Il faudra peu de temps pour que les Ma, père et fils, tombent amoureux, l’un de la veuve, l’autre de la fille. Mais le choc des civilisations et des cultures, le racisme ambiant dans l’Angleterre de Georges V, auront raison de ces amours transgressives.
Jolie peinture de l’Angleterre de l’entre-deux-guerres, où la suffisance et les préjugés sont de mises. Lao She n’est pas pour autant tendre avec ses compatriotes Ma, père et fils. Il sait aussi égratigner dans cet ouvrage les moeurs et la pensée Chinoises. Il y a quelque chose des Lettres Persanes de Montesquieu dans ce roman. Avec beaucoup d’humour, ce qui est plus que plaisant.
LE POUSSE-POUSSELAO She
LE POUSSE-POUSSE
Picquier poche
Tribulations de Siang-tse, tireur de pousse-pousse dans la Chine des années 30, entre misère et décadence.
Siang-tse jeune paysan orphelin monte à Pékin, dans l’espoir de s’arracher à sa condition de miséreux. Fier de son physique et de sa force, il jette son dévolu sur la profession de tireur de pousse-pousse. Son courage et son honnêteté lui vaudront d’être, un temps, son propre patron. Malheureusement, de mésaventures en déboires, il finira par déchoir jusqu’à être le plus fourbe et le plus misérable des nécessiteux de Pékin.
Joli roman de Lao She, non dénué d’humour et très plaisant à lire. Une photographie du petit peuple Pékinois des années 30.
2/27/2009 WisconsinMary R. Ellis
Wisconsin
10/18 N° 4157
Très émouvant roman que nous livre ici l’auteur. Deux familles du Wisconsin habitent l’une près de l’autre. La première est sans enfant, la seconde a deux fils : James et Bill. Leur père, alcoolique notoire, violent avec sa femme et ses deux garçons, transforme la vie de ses proches en un enfer quotidien. L’aîné James ne trouvera que l’engagement dans le corps des marines pour échapper à l’oppressante ambiance familiale. Il perdra la vie lors d’une bataille au Vietnam. Son frère Bill, comme sa mère, ne se remettra que très difficilement de cette absence. Comment Bill parviendra à l’âge adulte, c’est précisément ce que nous décrit Mary R. Ellis dans Wisconsin. Dans le quotidien étouffant et violent de son univers familial, Bill pourra compter sur le couple de voisins, Rosemary et Ernie Morriseau. Ernie est descendant d’une tribu indienne Ojibwé. Il lui faudra la patience et le savoir de son peuple pour aider Bill à traverser l’adolescence vers l’âge adulte.
Wisconsin, c’est de l’émotion à l’état brut ! Prévoir un stock de mouchoirs en papier pour aller au bout de ce roman tellement bouleversant ! A lire absolument ... Outside ValentineLiza Ward
Outside Valentine
10/18 N° 4058
Lincoln, Nebraska, Etats-Unis, 1957. Deux adolescents, Charles Starkweather et Caril Ann Fugate tuent onze personnes. Lowell Bowman est le fils d’un des couples assassinés, absent lors des meurtres et donc seul survivant de sa famille. Susan Hurst quant à elle était absente lors des événements, mais a déménagé à Lincoln peu après. Véritablement fascinée par l’histoire des deux meurtriers, elle n’aura de cesse de rencontrer Lowell Bowman, et finira par l’épouser.
‘Outside Valentine’ est un récit à trois voix. Caril Ann Fugate, Susan Horst et Lowell Bowman sont ces trois narrateurs qui, entre 1957 et 1991 vont raconter non seulement les faits, mais aussi dévoiler leurs pensées intimes, leurs interrogations, leurs doutes, et peut-être l’impossibilité d’une reconstruction après un tel drame. La mélancolie, la tristesse, imprègnent ce livre qui est bien écrit, mais qui laisse un arrière goût d’amertume. Précisons que les grand-parents de l’auteur, Liza Ward, sont décédés dans la tuerie commise par Charles Starkweather. Ainsi, cet ouvrage est sans doute aussi une sorte de thérapie.
C’est un récit à mettre en parallèle avec les tueries commises ces dernières années dans des collèges Américains. Ce livre nous permet de toucher du doigt le profond traumatisme que de tels événements créent dans les petites villes Américaines. La femme du VeDouglas KENNEDY
La femme du Ve
POCKET 10917
Harry Risks est un professeur déchu d’une petite université Américaine. Trompé par sa femme, lui-même fautif d’une relation extraconjugale avec une étudiante, il est exclu de son université et vient se réfugier à Paris; son but : écrire le roman de sa vie. Disposant de très peu d’argent, il s’installe dans une chambre de bonne d’un quartier sordide et malfamé de Paris. Lors d’une soirée chez une de ses compatriotes fortunées, il rencontre la troublante Hongroise Magrit. A partir de ce moment, sa vie ne sera plus jamais comme avant.
Très bon roman de Douglas Kennedy où il montre une grande virtuosité dans le déroulement de l’intrigue. Une nouvelle fois son imagination débordante nuit peut-être un peu, tant l’extraordinaire de la fin du livre est vraiment hors du commun. Cependant, la maîtrise de l’écriture est telle que l’on a du mal à abandonner la lecture avant le dénouement final. Les désarrois de Ned AllenDouglas KENNEDY
Les désarrois de Ned Allen
POCKET 10917
Ned Allen est le directeur des ventes d’un magazine informatique. D’extraction sociale modeste, il s’est construit à la force du poignet. New York était pour lui la ville à atteindre, le lieu où se faire une place au soleil. Y étant parvenu, marié à une ravissante jeune femme, son travail lui donne toute satisfaction. Cependant, lors de deux rachats successifs de son journal par des multinationales, ses nerfs et ses principes vont être mis à rude épreuve. En quelques semaines, il se retrouve au chômage avec un endettement qui l’étrangle, et sa femme s’éloigne irrémédiablement de lui. La conséquence est une longue descente aux enfers : alcool, consultations dans un cabinet de placement-reconversion, travail de télévendeur sous les ordres d’un petit chef sadique, et finalement à deux doigts d’être SDF. Sa rencontre fortuite avec un ancien étudiant de son Université semble le sauver de la rue, mais la descente aux enfers ne fait que s’accentuer...
Cent pages de trop dans ce livre. Tout ce qui concerne la partie contrats publicitaires, angoisses du travail de vendeur, rachat par des multinationales, chômage, recherche d’emploi, est rondement menée et extrêmement bien décrite. Par contre, la suite tourne au roman de gare, au polar. Ce qui ne veut pas dire que le livre devient ennuyeux. Mais, trop c’est trop, et la perte de crédibilité qui s’en suit est dommageable au récit, et particulièrement aux deux premiers tiers du roman qui sont remarquables.
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